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    IAUPL Communiqué au Forum politique de Haut Niveau ONU-UN, juillet 2022

    L’enseignement supérieur est présenté comme partie intégrante de l’ODD 4 « Éducation de qualité ». La cible 4.3 vise d’ici à 2030 à faire en sorte que les femmes et les hommes aient accès dans des conditions d’égalité et de transparence à un enseignement technique, professionnel et tertiaire, y compris universitaire. Dans l’hypothèse que les formations se présentent comme les mécanismes permettant une accélération du processus d’enseignement, la reconnaissance des qualifications devrait être également incluse dans la stratégie de l’Agenda 2030. Dans le cadre de ces activités l’UNESCO et l’IAUPL souhaiteraient promouvoir la « Convention mondiale sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur », qui a été adoptée par la 40-ème Conférence Générale de l’UNESCO en 2019.

    Selon cette Convention, la mobilité académique constitue à cet effet un élément important pour les formations en mobilité, ainsi que pour leurs reconnaissances respectives. Or, la crise Covid n’a pas égaré l’enseignement supérieur et la mobilité académique. Ayant pris en considération les conséquences de l’impact de la Covid sur les futurs de l’éducation, l’IAUPL souhaiterait approfondir les débats menés au sein de l’UNESCO et compléter les dispositifs de la Convention quant aux interrogations concernant les points suivants:

    – garantir l’assurance de qualité de l’enseignement supérieur pendant la période Covid.

    – l’impact sur la reconnaissance des titres universitaires délivrés après la période de Covid.

    – l’impact sur la mobilité universitaire pendant et post-covid, sur l’avenir de l’éducation.

    – les conditions du travail des enseignants-chercheurs universitaires pendant la période Covid, et son impact sur leurs responsabilités et libertés académiques.

    – l’usage des moyens numériques dans l’enseignement supérieur lors de la situation d’urgence.

    – l’impact de la Covid sur le futur de l’enseignement supérieur.

    Cette action consiste à présenter les dispositifs non-formels par le biais des Recommandations de la Conférence de l’IAUPL en tenant compte des priorités des pays adhérents à la Convention vis-à-vis des points suivants :

    1. Définitions de nouveaux cadres de la mobilité numérique (pour la période ‘post-covid’).

    2. Déploiement du réseau universitaire africain pour le projet de ‘formation Doctorale’ comme moyen du dialogue interculturel universitaire entre les pays.

    3.Reconnaissance des qualifications et responsabilités des universitaires en la matière. Renforcement des capacités des enseignants-chercheurs et des libertés universitaires.

    4. Harmonisation de reconnaissances des formations doctorales, notamment pour les formations doctorales Sud-Sud-Nord.

    5. Accès des jeunes et des femmes aux formations par le biais des formations numériques.

    6. Enfin, toute action visant à assurer la qualité des formations par les universitaires pour le développement des pays qui souhaiteraient adhérer à la Convention.

    Il convient également de se questionner sur l’importance de la mobilité académique des formations universitaires au service du développement durable régulé par cette nouvelle Convention. L’idée que les universitaires puissent davantage associer les approches de leurs missions aux nouvelles exigences d’un environnement en perpétuelle mutation suite au Covid, en mettant l’accent sur la reconnaissance des qualifications, est sous-jacent à ce questionnement.  En effet, ce sont les universitaires qui conçoivent des formations de qualité, indispensables au développement durable, dans le cadre des principes qui régissent leurs missions, et d’abord le respect des ‘Libertés Académiques, Academic Freedoms’ consubstantielles de leur métier : la liberté pédagogique, la liberté en matière de recherche et la liberté d’expression, conformément à l’ODD 16 : « il est crucial pour une société durable de promouvoir des communautés pacifiques, d’assurer l’accès de tous à la justice et de créer des institutions efficaces, responsables et inclusives à tous les niveaux. Cela comprend un large éventail d’activités, tels que la liberté d’expression, l’accès à la justice, le respect des droits de l’homme, la réduction des inégalités et l’élimination de l’exclusion sociale. Chaque société doit disposer d’institutions fortes et efficaces qui garantissent le plein exercice des droits de ses citoyens ».

    D’une façon plus générale, il conviendrait d’encourager de nouvelles idées sur la mise en place et le déroulement des enseignements pendant la période Covid et leurs reconnaissances en lien avec les responsabilités et libertés académiques des enseignants universitaires. Il pourrait en être de même, et à plus juste titre encore, pour le concept de liberté académique dans les conditions de la mobilité internationale des universitaires. Celui-ci est traditionnellement présent dans un préambule de la Convention en référence à la Recommandation sur la condition et le statut d’enseignant universitaire (1997), adoptée par la 27-ème Conférence Générale de l’UNESCO. Or, les conditions d’exercice des métiers des universitaires peuvent évoluer en fonction, non seulement des instruments normatifs, mais aussi en fonction des circonstances d’application de cette Convention, notamment celles provoquées par la Covid. Une organisation comme l’IAUPL, qui depuis son origine a inscrit la défense des libertés académiques dans ses buts, devrait être particulièrement encouragée à mener une réflexion sur la question du nouvel instrument normatif. Ici, l’activité de l’IAUPL s’insère dans les Programmes de l’UNESCO et de l’ONU pour aider à accélérer des actions et la mise en œuvre des voies de transformations pour une « décennie d’action et de réalisations en faveur du développement durable ». L’IAUPL a conçu et proposé une action pour les ODD 4, 16 et 17 par le biais de deux stratégies d’accélération suivantes :

    Stratégie d’accélération N°1 : « la mobilité académique équitable des formations universitaires (y compris celles numériques ) pour le développement » 

    Le nécessaire développement de la mobilité académique numérique et du système de reconnaissance des qualifications par les universitaires, peut être l’occasion d’opérer un changement qualitatif des pratiques professionnelles des enseignants-chercheurs. Ces formations numériques sont-elles de qualité internationalement reconnues ? Amènent-elles vers les problématiques de développement durable les parcours des étudiants et ceux des enseignants-chercheurs vers l’obtention des ODD 4, 5, 8, 9, 16 et 17 ? Par ailleurs, comment rendre davantage visibles et lisibles le rôle des universitaires dans le cadre des ODD 4 et 16 ?

    Pour répondre à ces questions, il revient aux universitaires de créer des passerelles vers des mécanismes éducatifs appropriés répondant à la nouvelle donne de la Convention mondiale de l’enseignement supérieur avec une voie suivante :

    –       Voie de transformation : « renforcer les responsabilités, les libertés académiques et les capacités des universitaires, acteurs actifs de reconnaissance des qualifications et des formations traditionnelles et numériques »

    Stratégie d’accélération N°2 : « La formation doctorale à la recherche et par la recherche des enseignants universitaires est au cœur du développement »

    Des ouvertures originales sur des problématiques assez proches seront acceptées comme, par exemple, le projet de création d’une plateforme « université doctorale ». En effet, la préparation du Doctorat est une formation initiale (formation spécifique ‘à la recherche’ et ‘par la recherche’) permettant de faire accéder les titulaires du diplôme aux fonctions de Maîtres de Conférences et de Professeurs universitaires. La Convention pourrait trouver insuffisante la procédure actuelle de reconnaissance des titres et qualifications du Doctorat, formation des futurs enseignants universitaires à la recherche et par la recherche, qui reste spécifique au milieu universitaire. Selon les législations de divers pays cette préparation du diplôme de Doctorat peut prendre diverses formes.

    –       Voie de transformation : « la création des réseaux et des plateformes de formation doctorale avec une reconnaissance spécifique « évaluation par les pairs »

    Pour le projet de l’IAUPL, il s’agit de créer une Université Doctorale, fonctionnant uniquement en mode de réseaux numériques dans un point focal, en faveur des doctorants d’Afrique ne pouvant pas venir pour un cycle complet doctoral dans les pays du Nord (mobilité académique réduite par la Covid). Les universitaires se prononcent au sujet d’une telle université qui – délivrerait le titre de Docteur en dehors des systèmes universitaires existants, différents d’un pays à l’autre, en respectant une Charte mondiale de qualité avec les standards internationaux et les harmonisations de reconnaissance du Doctorat.

    Dans le cadre du Programme de participation de l’UNESCO, l’IAUPL a organisé, conjointement avec les Universités Cady Ayyad de Marrakech et Polytechnique de Ben Guerir, la Conférence Internationale IAUPL ‘Mobilité académique et formations universitaires au service du développement de l’Afrique’ qui s’est tenue au Maroc les 22-24 Mars 2022. Les universitaires de huit pays Africains, Européens et d’Amérique Latine ont élaboré les recommandations visant à renforcer le rôle des universitaires en matière de reconnaissance des diplômes et ont appelé les représentants de leurs États à ratifier la Convention mondiale de l’enseignement supérieur de l’UNESCO 2019. Un accent particulier a été mis sur la reconnaissance des Études Doctorales et la création de réseaux facilitant l’harmonisation transfrontalière de la reconnaissance du titre du Docteur par des universitaires dotés d’un ‘Statut Mondial d’Enseignant-Chercheur’.

    Au cours de ces journées, plusieurs intervenants ont dressé un bilan contrasté de l’utilisation des moyens numériques, notamment pour remédier à la crise de la Covid  -le numérique doit compléter le présentiel, sauf circonstances particulières, ne saurait le remplacer-, de l’exercice des libertés académiques et des mobilités universitaires en présentant certains réseaux déjà existants.

    Plusieurs communications ont mis en évidence l’ambiguïté de la Convention mondiale de l’enseignement supérieur, notamment dans ses rapports avec les Conventions régionales déjà existantes. L’IAUPL souhaite que certaines clarifications soient apportées.

    Le problème majeur que pose actuellement la mobilité des étudiants africains, c’est le risque qu’ils restent dans les pays du Nord dont les universités les accueillent, privant ainsi les pays africains des jeunes cadres nécessaires à leur développement. Pour remédier à cette situation, il y a d’abord des solutions universitaires. Les universités africaines doivent améliorer leur assurance qualité, cette mise à niveau leur permettrait de développer, à l’initiative des universitaires, des partenariats avec des universités du Nord pour mettre en place des réseaux, des structures comme l’Université francophone numérique que propose l’IAUPL, des doubles diplômes ou des diplômes communs avec une mobilité organisée à la fois des universitaires et des étudiants dans un parcours ‘alternant’ qui garantisse aux étudiants africains de garder le contact avec leur pays d’origine afin de lutter contre le pouvoir d’attraction des pays du Nord. Mais, pour lutter contre cette attraction, des dispositions économiques, sociales et politiques doivent être prises par les États du Sud pour assurer à leurs jeunes cadres des conditions de travail et de rémunération attractives.

    L’équilibre du monde dépend d’un rééquilibrage Nord-Sud et donc d’un développement (durable pour respecter l’équilibre de la planète) du Sud, les progrès de la connaissance et de la formation des jeunes générations dépendant d’une ouverture au monde et d’un dialogue équilibré entre les nations respectant leurs spécificités de tous ordres.

    Plusieurs recommandations ont été faites dans le cadre de la Conférence 2022 IAUPL:

    •       La vérification des qualifications devrait intégrer le rôle joué par les universitaires au sein de son environnement.

    •       Proposer un cadre de référence permettant d’amorcer une diplomation efficace à travers des équivalences Sud-Sud-Nord et la reconnaissance des qualifications.

    •       Harmoniser la reconnaissance des formations Doctorales et contribuer à la ratification des propositions en ce domaine.

    •       Harmoniser les Statuts des Universitaires entre les pays partenaires.

    •       Élaborer une démarche inclusive pour optimiser l’efficacité de la mobilité internationale.

    •       Renforcer le rôle des Organisations Non Gouvernementales concernant l’enseignement supérieur et la recherche dans les débats et les sphères de suivi de la Convention.

    •       Reconnaitre l’implication, l’engagement et les initiatives des universitaires dans la mise en place des projets de partenariats.

    •       L’accessibilité aux dispositifs de connectivité à internet et aux technologies devrait s’opérer d’une manière équitable entre les différents pays.

    •       Penser à des partenariats équilibrés et repenser les disparités régionales.

    •       Repenser le modèle de la mobilité académique en instaurant des dispositifs numériques permettant de mutualiser les compétences et les connaissances et les capacités des enseignants.

    •       Innover en période de crise pour proposer des solutions innovantes pour soutenir le savoir et un avenir réussi.

    •       Enrichir la formation à travers l’accompagnement de la digitalisation optimale en prenant en considération son danger sur l’humanisme.

    •       Promouvoir la liberté universitaire comme facteur déterminant de la mobilité universitaire en Afrique.

    Dans le cadre de prochaines consultations de suivi du Comité sur les Conventions et Recommandations – Conseil Exécutif de l’UNESCO, il serait souhaitable qu’un questionnaire intègre les problématiques concernant le rôle et l’inclusion des Universitaires dans la reconnaissance des qualifications de l’enseignement supérieur.